{"id":78441,"date":"2020-03-24T10:52:44","date_gmt":"2020-03-24T10:52:44","guid":{"rendered":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/sphere-secteur-prive-sri-lanka\/"},"modified":"2026-04-21T04:06:33","modified_gmt":"2026-04-21T04:06:33","slug":"sphere-secteur-prive-sri-lanka","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/sphere-secteur-prive-sri-lanka\/","title":{"rendered":"Quand Sph\u00e8re r\u00e9unit les secteurs priv\u00e9 et humanitaire\u00a0: l\u2019exemple du Sri Lanka"},"content":{"rendered":"\n<figure id=\"attachment_20660\" aria-describedby=\"caption-attachment-20660\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20660\" src=\"https:\/\/sphere-standards-media.s3.eu-central-1.amazonaws.com\/app\/uploads\/2026\/04\/21132153\/Srilanka-privatesector-10-300x200.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"401\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-20660\" class=\"wp-caption-text\">Firzan Hashim livre des fournitures scolaires \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves de Pitabeddara qui avaient perdu les leurs pendant les inondations et glissements de terrain de\u00a02017. Photo: A-PAD Sri Lanka.<\/figcaption><\/figure>\n\n<strong>\u00a0<\/strong>\n\n<em>Firzan Hashim est le directeur national de l\u2019<\/em><a href=\"https:\/\/apad.lk\/\"><em>Asia-Pacific Alliance for Disaster Management<\/em><\/a><em> au Sri Lanka, une plateforme transnationale de coordination du travail de gouvernements, de soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es et d\u2019ONG lors de crises humanitaires. Promoteur de Sph\u00e8re depuis de longues ann\u00e9es, Firzan Hashim \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment repr\u00e9sentant du point focal de Sph\u00e8re au Sri Lanka, en sa qualit\u00e9 de directeur adjoint du Consortium of Humanitarian Agencies (d\u00e9sormais d\u00e9nomm\u00e9 <\/em><a href=\"https:\/\/spherestandards.org\/countries\/sri-lanka\/\"><em>Centre for Humanitarian Affairs<\/em><\/a><em>)<\/em><em>.<\/em>\n\n<em>Dans cet entretien, Firzan explique en quoi la collaboration avec le secteur priv\u00e9 peut avoir un impact positif sur la qualit\u00e9 de l\u2019intervention humanitaire, et le r\u00f4le important que jouent les standards Sph\u00e8re, f\u00e9d\u00e9rateurs de multitples secteurs.<\/em>\n\n<hr \/>\n\n&nbsp;\n\n<strong>Votre organisation, l\u2019Asia-Pacific Alliance for Disaster Management (A-PAD), coordonne le travail des interventions humanitaires de diff\u00e9rents secteurs. Comment parvenez-vous \u00e0 instaurer des coordinations positives\u00a0?<\/strong>\n\nAu Sri Lanka, les gens sont depuis toujours prompts \u00e0 s\u2019aider les uns les autres. Nous avons m\u00eame un mot, <em>shramadana<\/em>, pour d\u00e9crire le temps et les efforts d\u00e9volus \u00e0 l\u2019aide apport\u00e9e aux autres, \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des villages et la mise en place de services. C\u2019est probablement la raison pour laquelle tant d\u2019entreprises srilankaises ont propos\u00e9, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de s\u2019impliquer dans les interventions humanitaires.\n\nPendant les inondations de 2016\u20132017, par exemple, l\u2019aide la plus imm\u00e9diate est venue de particuliers et du secteur priv\u00e9. Il n\u2019y avait cependant que tr\u00e8s peu de coordination entre toutes ces interventions. Les gens allaient au supermarch\u00e9 et achetaient ce qu\u2019ils pensaient \u00eatre n\u00e9cessaire, mais la majeure partie des dons a finalement \u00e9t\u00e9 g\u00e2ch\u00e9e ou est rest\u00e9e dans un coin dans un bureau des autorit\u00e9s locales. Les personnes qui \u00e9taient r\u00e9ellement dans le besoin n\u2019ont pas re\u00e7u le soutien n\u00e9cessaire.\n<blockquote>Nous avons tent\u00e9 de cr\u00e9er une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties. Les agences humanitaires ont besoin de fournisseurs parce qu\u2019elles ne peuvent pas produire elles-m\u00eames les aliments, les trousses et autres articles. Et les entreprises ont envie d\u2019am\u00e9liorer leur image publique, en menant des projets de Responsabilit\u00e9 sociale de l\u2019entreprise, ou de donner davantage de visibilit\u00e9 \u00e0 leur marque<\/blockquote>\nC\u2019est pour cette raison que la plateforme de coordination Asia-Pacific Alliance a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Au fil des ans, nous avons pris le manuel Sph\u00e8re comme r\u00e9f\u00e9rence pour indiquer aux intervenants et intervenantes qu\u2019il existe des mani\u00e8res de mieux collaborer, et des standards humanitaires \u00e0 suivre\u00a0: nous supposions que l\u2019action humanitaire serait bien plus efficace si toutes les organisations participant \u00e0 l\u2019intervention, y compris celles ext\u00e9rieures au secteur humanitaire, se familiarisaient avec les standards Sph\u00e8re. Nous avons ainsi produit des trousses d\u2019assistance bas\u00e9es sur les recommandations du manuel, que les autorit\u00e9s gouvernementales ont approuv\u00e9es dans le cadre des directives nationales. Nous avons \u00e9galement form\u00e9 les intervenants et intervenantes de premi\u00e8re ligne \u00e0 l\u2019application des standards. Les entreprises du secteur priv\u00e9 savent d\u00e9sormais que des orientations internationales existent pour la promotion de la dignit\u00e9 des personnes, et cela a eu un r\u00e9el impact au niveau de nos efforts de coordination.\n\n<strong>Les organisations du secteur priv\u00e9 ne parlent pas la m\u00eame \u00ab\u00a0langue\u00a0\u00bb que les acteurs et actrices humanitaires. Est-ce que cela pose des difficult\u00e9s lors d\u2019une intervention conjointe\u00a0? <\/strong>\n\nSi nous \u00ab\u00a0ne parlons pas la m\u00eame langue\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e9galement de notre faute \u00e0 nous, humanitaires. Nous conservons jalousement nos standards et cadres au sein de notre secteur depuis si longtemps. Il est donc tout \u00e0 fait normal que d\u2019autres organisations n\u2019en connaissent pas l\u2019existence, lorsqu\u2019elles prennent part \u00e0 une intervention.\n\nVoici un exemple\u00a0: nous avons un jour d\u00fb fournir de l\u2019eau \u00e0 des personnes d\u00e9plac\u00e9es dans un camp. Les intervenants du secteur priv\u00e9 proposaient d\u2019installer des pompes et des r\u00e9servoirs d\u2019eau d\u2019une certaine mani\u00e8re. Au lieu d\u2019arguer que le secteur humanitaire proc\u00e8de autrement, nous avons utilis\u00e9 les Principes de protection du manuel pour aborder les risques de harc\u00e8lement et de violence auxquels certaines personnes (surtout des femmes) sont confront\u00e9es lorsqu\u2019elles vont collecter du combustible et de l\u2019eau. Nous avons ainsi pu expliquer pourquoi nous pensions que les r\u00e9servoirs devaient se situer bien plus pr\u00e8s des foyers. Les entreprises ont reconnu le fait que la protection des communaut\u00e9s \u00e9tait la chose la plus importante\u00a0: certaines se sont adapt\u00e9es \u00e0 notre syst\u00e8me, d\u2019autres ont propos\u00e9 de financer notre intervention afin que nous puissions mettre ces bonnes pratiques en \u0153uvre.\n\nL\u2019aide alimentaire en est un autre exemple. Nous avons calcul\u00e9, avec le Programme alimentaire mondial, le nombre de calories dont une famille a besoin au cours d\u2019une crise, tel que recommand\u00e9 par les standards Sph\u00e8re. Nous avons alors constitu\u00e9 des paquets alimentaires en fonction des denr\u00e9es disponibles sur le march\u00e9 srilankais, que nous avons fait valider par les autorit\u00e9s nationales. Nous avons ensuite contact\u00e9 les entreprises agroalimentaires, leur expliquant le type de paquets alimentaires que les agences humanitaires souhaitaient leur acheter, et pourquoi. Les entreprises ont ainsi pris conscience de ce que contient une ration pour trois jours. Ce genre de communication est important.\n\n<strong>Comment \u00eates-vous parvenus \u00e0 rapprocher un secteur qui devrait apporter une aide impartiale sur la base du principe de l\u2019humanit\u00e9 et un secteur qui doit pouvoir tirer un profit \u00e9conomique de toute collaboration\u00a0? <\/strong>\n\nNous avons tent\u00e9 de cr\u00e9er une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties. Les agences humanitaires ont besoin de fournisseurs parce qu\u2019elles ne peuvent pas produire elles-m\u00eames les aliments, les trousses et autres articles. Et les entreprises ont envie d\u2019am\u00e9liorer leur image publique, en menant des projets de Responsabilit\u00e9 sociale de l\u2019entreprise, ou de donner davantage de visibilit\u00e9 \u00e0 leur marque.\n\nPar exemple, nous avons eu besoin, pendant le conflit, de faire des transferts en devises \u00e9trang\u00e8res \u00e0 des personnes \u00e9loign\u00e9es n\u2019ayant aucun acc\u00e8s aux services de banque. Une banque srilankaise a pris le risque d\u2019ouvrir une succursale dans une zone hostile, profitant d\u2019une p\u00e9riode de cessez-le-feu. Lorsque la paix est revenue, de nombreuses personnes de la zone \u2013 qui reconnaissaient d\u00e9j\u00e0 le logo de la banque \u2013 ont d\u00e9cid\u00e9 de devenir clientes de la banque en y ouvrant un compte.\n<blockquote>Si nous \u00ab\u00a0ne parlons pas la m\u00eame langue\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e9galement de notre faute \u00e0 nous, humanitaires. Nous conservons jalousement nos standards et cadres au sein de notre secteur depuis si longtemps. Il est donc tout \u00e0 fait normal que d\u2019autres organisations n\u2019en connaissent pas l\u2019existence, lorsqu\u2019elles prennent part \u00e0 une intervention<\/blockquote>\nLors d\u2019une autre situation, les agences humanitaires r\u00e9pondant \u00e0 une inondation de grande ampleur avaient besoin de pouvoir fournir imm\u00e9diatement des rations alimentaires \u00e0 quelque 2\u00a0000\u00a0familles dans une ville isol\u00e9e. Le fournisseur habituel avait, quant \u00e0 lui, besoin de trois jours pour livrer les paquets alimentaires dans la zone. Par le biais de l\u2019Asia-Pacific Alliance, l\u2019agence humanitaire est entr\u00e9e en contact avec une grosse cha\u00eene de supermarch\u00e9s srilankaise ayant des magasins dans tout le pays, et les paquets ont pu \u00eatre livr\u00e9s en quatre heures. Cette entreprise voulait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme partenaire dans l\u2019intervention plut\u00f4t que comme fournisseuse, et a donc choisi de ne pas facturer le transport ni le conditionnement, et de participer \u00e0 la distribution des paquets.\n\n<strong>Y a-t-il des le\u00e7ons tir\u00e9es de ces rapprochements que vous souhaiteriez partager pour encourager la collaboration intersectorielle\u00a0?<\/strong>\n\nLe manuel Sph\u00e8re et ses orientations devraient \u00eatre accessibles et pertinents pour l\u2019ensemble des secteurs \u2013 les entreprises, les fournisseurs, les r\u00e9seaux et les bailleurs de fonds \u2013 et non seulement les humanitaires. Tous les secteurs sont interconnect\u00e9s\u00a0: si les entreprises priv\u00e9es se d\u00e9battent lors d\u2019une crise humanitaire, l\u2019\u00e9conomie et la population du pays se d\u00e9battront \u00e0 leur tour (comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas suite aux explosions de P\u00e2ques\u00a02019, qui ont tr\u00e8s fortement impact\u00e9 le tourisme et entra\u00een\u00e9 de nombreuses pertes d\u2019emplois). Cela pose, bien \u00e9videmment, des d\u00e9fis et il y a encore beaucoup \u00e0 faire pour continuer \u00e0 sensibiliser, impliquer diff\u00e9rents acteurs et actrices et s\u2019assurer que les financements soient p\u00e9rennes. Il y a n\u00e9anmoins \u00e9galement de la place pour plus de collaboration entre secteurs, et de nombreux exemples positifs en attestent.\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Firzan Hashim est le directeur national de l\u2019Asia-Pacific Alliance for Disaster [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":73433,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1088],"tags":[],"class_list":["post-78441","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-membres-et-reseau"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78441"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78442,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78441\/revisions\/78442"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/73433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}